Matin gris
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Alors que la ministre de la Justice, Rachida Dati, et la ministre de l’Intérieur, Michèle Alliot-Marie se sont rendues en Isère ce lundi 4 août
pour rencontrer la famille du petit Valentin, « Bakchich » revient sur l’acharnement des journalistes.
Employée comme vendeuse dans un magasin, avec un mari sortant du chômage pour retrouver tout juste du boulot dans la maintenance d’une entreprise du nucléaire, Véronique Crémault avait forcément un concubin. Ces gens-là, des Crémault, ont forcément des concubins, c’est comme ça. Imaginez, fiction dingue qu’à Dieu ne plaise, que Christine Boutin ou Philippe de Villiers soient en rupture de bans matrimoniaux. Quel journaliste écrirait : « nous avons croisé Christine et son concubin, Philippe et sa concubine, Cecilia et son concubin ». Aucun. Mais Véronique Crémault, prolote de l’Isère, elle, a un « concubin ». Baptisé parfois « compagnon » par les journalistes les plus respectueux du droit des mots.
Véronique Crémault, on l’a vue en larmes à la télé. Elle venait d’être condamnée à une double peine. La première, la mort de Valentin son fils de onze ans poignardé dans la rue d’un bled de l’Ain. La seconde c’est la couche accablante rajoutée sur l’horreur : le poids d’un concubin qui n’existe que dans l’imagination de journalistes gavés de stéréotypes sociaux. Comme pauvre égal concubin. Ou voleur. Véronique est sur l’écran avec l’ex-chômeur. Et elle arrive à dire : « Nous n’acceptons pas d’entendre aujourd’hui que nous sommes séparés, mon mari étant à mes côtés. Et pire, que l’enfant était confié au concubin de la maman. (…) Michel Pernot est un ami, et simplement un ami ».
Pas besoin, comme l’a fait l’Huma de donner du fric à l’Ifop pour savoir que 42% des français ne partent pas en vacances, ces chiffres sont dans les statistiques (gratuites) de l’Insee depuis que l’Institut existe. Faute d’aller faire, comme tout le monde, du jet-ski dans une location de Port Grimaud, Valentin avait donc été confié à un ami, Michel Pernot. Un choix, il faut le reconnaître, qui sent l’anis et indique le pur concubinage. Est-ce que les Pineau, les Arnaud, est-ce que les Sellières confieraient un enfant de onze ans à un ami ? Vous, vous est-il arrivé de passer des vacances ailleurs que chez le concubin de votre mère ? Bien sûr que non. Donc, Valentin, pour le Dauphiné Libéré et autres médias surinformés, c’est chez son « beau père » qu’il menait des jours tranquilles. Si j’insiste de manière pesante sur ce mensonge, c’est qu’il va faire dérailler tout le fait divers, du moins dans sa traduction faite par la presse.
Suivez la logique. Puisqu’il y a concubin il y a rupture, et donc drame. Le père n’a-t-il pas poignardé son fils ? Chez ces gens-là on a déjà vu des choses pareilles ! Ou encore, le concubin peu soucieux de se coller un gosse sur le dos n’a-t-il pas supprimé l’enfant en trop ? Ça s’est vu aussi… D’ailleurs les gendarmes perquisitionnent sous les caméras l’appartement des Crémault, emportent leur ordinateur et leur pauvre bagnole, tout ça de manière bien voyante. Et le roi du fait div’, que dit-il, qu’écrit-il ? Rien qui ne dise : « Valentin a été victime d’un drame familial », alors que chacun de ses mots est soigneusement choisi pour le laisser à penser.
Pour le père de Valentin le bonheur est complet : son gosse est mort, il est cocu et passe à la télé. Pour la mère c’est la même chose avec en plus la position enviée de la salope qui abandonne son mari aux tâches ménagères et son gosse à un assassin. Heureusement qu’il y a un proc et des gendarmes, pas cons, pour tenir en laisse des reporters prêts à se lâcher en meute. Magistrat et militaires refusent de jeter l’os du drame familial aux chiens. Aujourd’hui, il semble que ce soit un dingue qui ait poignardé Valentin, dans la rue. Envolé le concubin et la« tragédie de la rupture jouée en famille ».
Et les excuses, l’autocritique, c’est pas fait pour les chiens ? Déjà pour Outreau la presse, celle qui était complice des accusateurs fous, est passée au travers de la boîte à gifles… Ça va durer encore longtemps. Ancien raconteur de faits div’ dans les journaux, je pense encore, des années plus tard, à ceux, que le sourire aux lèvres, j’ai pu offenser, blesser. Le fait div’ j’ai compris définitivement ce qu’il était avec l’affaire de l’OTS, le Temple Solaire. Toute proportion gardée, un peu comme Aubenas pour Outreau ou Lacourt dans le dossier du petit Grégory, j’ai tout lu, tout étudié, tenté de tout comprendre. Et j’ai vu comment, dès que les mots secte ou pédophilie sont lancés sur la piste de 421 des journaux, les dés tournent et toute précaution, toute présomption d’innocence est balayée. Le « mis en examen » n’a pas le choix, il est « forcément coupable ». Ça donc été le cas de Michel Tabachnik, pris comme gibier par un juge amateur de médias et de procès « pédagogique ». Vingt ans avant les brasiers de Suisse et du Vercors, le maestro parfois un peu dingo, avait écrit un texte imbitable mélangeant Jung à Platon. Lors du procès, l’avocat Francis Szpiner n’a-t-il pas dit : « la seule victime de Tabachnik, c’est sa dactylo… ». Et un juge s’est trouvé pour dire : « dites donc je pense bien que c’est la lecture de votre truc qui a convaincu les gens de l’OTS de se suicider… » Alors qu’aucun mort n’avait jeté un œil à cet antique galimatias. Et le XXIe siècle nous renvoyait à l’Inquisition. Mais personne n’a moufeté sauf Régis Debray, Pierre Boulez, Ianis Xenakis.
Les journalistes se sont mis en chasse du croustillant, de l’approximatif et du faux. En tête des rabatteurs un reporter bien spécialiste de la chose judiciaire puisque lui-même titulaire de nombreuse condamnations infamantes. L’affaire Tabachnik a été un Outreau à victime unique, un type dans un stand de tir avec la presse qui tire à volonté. Et l’objet du carton est prié de fermer sa gueule. S’il se plaint, un juge, solidaire de ses pairs, se charge de remettre, derrière les oreilles, le petit coup qui convient. Et c’est ainsi, que d’une relaxe l’autre, dans la solitude du justiciable de fond, qu’un type, Michel Tabachnik, a perdu 11 ans de sa vie. Et peut être sa vie toute entière, le fer rouge n’étant pas réservé à Milady de Winter. Avoir suivi ce dossier, après tant d’autres, a été le dernier clou planté dans mon cercueil de « fait-diversier ». J’ai définitivement compris que les faits divers sont bien des affaires criminelles.
SOURCE BAKCHICH
Le JDD sort son habituel palmarès des chouchous des Français. Un cru plein de nouveautés : de Dany Boon à Carla Bruni-Sarkozy, en passant par Ingrid Bétancourt... Zoom en images sur ceux qui occupent une place de choix dans le coeur des Français.
Yannick Noah, Dany Boon et Zinedine Zidane. C'est
le podium des 50 personnalités préférées des Français, selon le classement
réalisé en juillet 2008 par l'Ifop pour le Journal du Dimanche. Depuis 20 ans,
l'institut de sondages sonde le cœur des Français pour en connaître les
sympathies.
Cousteau et l'Abbé Pierre, premiers chouchous
Pendant plus de 10 ans, de 1988 à 1999, deux hommes se sont partagé les faveurs
des Français : le Commandant Cousteau et l'Abbé Pierre. L'océanographe au
mythique bonnet rouge est arrivé 20 fois en tête de ce classement. Le prêtre
dévoué aux exclus, dont la popularité ne s'est jamais démentie, a lui occupé la
première place 16 fois, avant de demander à en être retiré début 2004, pour
laisser la place des honneurs aux plus jeunes, comme il l'avait expliqué. « C'est
à la fois une arme et une croix », avait-il précisé.
Quand les sportifs prennent le relais
Deux ans après la victoire des Bleus au Championnat du monde de foot, Zinedine
Zidane succède à l'Abbé Pierre sur la plus haute marche du podium des personnalités
préférées des Français. « Zizou », qui sera en tête à 6 reprises
(d'août 2000 à juillet 2007), ouvre la porte aux sportifs dans ce classement.
Le judoka David Douillet, sa deuxième médaille d'or olympique en poche, succède
au footballeur en décembre 2000, et confirme sa place d'honneur dans le
cœur des Français six mois après. En juillet 2005, prenant lui aussi la
suite de Zidane, l'ancien tennisman Yannick Noah remporte la sympathie de ses
compatriotes. Jusqu'à ce jour, les deux hommes se s'alternent à la première
place. Nouveauté cette année, le cinéma s'est invité entre le foot et la
chanson, puisque le comédien Dany Boon s'est glissé sur la deuxième marche.
Les nouveaux venus en 2008
Fort du succès de son film « Bienvenue chez les Ch'tis », vu par plus
de 20 millions de spectateurs en France, l'humoriste Dany Boon est propulsé
deuxième personnalité préférée des Français. En décembre dernier, à la
précédente édition du sondage, il en était absent.
Du côté des femmes, on notera l'entrée fracassante de l'ex-otage Ingrid
Bétancourt (21ème) et celle, beaucoup plus timide, de Carla Bruni-Sarkozy
(50ème). La chanteuse-première dame de France, dernière du palmarès, laisse
ainsi un peu d'avance à son époux Nicolas Sarkozy, qui pourtant dégringole de
la 32ème à la 44ème place. Juste derrière le Président de la République, un
autre nouveau venu dans le classement : Olivier Besancenot, le facteur
porte-parole de la Ligue communiste révolutionnaire.
Enfin, figurent parmi les nouveaux venus du Top 50, le milieu de terrain du
Bayern de Munich Franck Ribéry (39ème), et la future présentatrice du journal
de 20 heures de TF1, Laurence Ferrari (48ème). Reste à voir, dans les sondages
à venir, si elle rejoindra son prédécesseur, Patrick Poivre d'Arvor (15ème)
dans les hautes sphères de ce classement.

Crédit : VISUAL
PPDA, 15ème personnalité préférée des Français (JDD, juillet 2008)
L'ancien présentateur du JT de 20 heures de TF1, Patrick Poivre d'Arvor conserve une belle place aux yeux des Français.
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Crédit : REUTERS
Franck Ribéry, 39ème (JDD, juillet 2008)
Nouveau venu dans le classement du JDD, le milieu de terrain du Bayern de Munich Franck Ribéry est à la 39ème place.
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Crédit : REUTERS
Carla Bruni, 50ème personnalité préférée des Français. Nicolas Sarkozy, 44ème. (JDD, juillet 2008)
Le couple présidentiel se rapproche. Alors que la première dame entre discrètement dans le classement du JDD (dernière place), son époux chute lui, de la 32ème à la 44ème place.
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Ingrid Betancourt, 21ème personnalité préférée des Français (JDD, juillet 2008)
L'ancienne otage franco-colombienne des FARC, dont la libération a sucité une grande émotion, entre pour la première fois dans le classement du JDD, et accède à la 21ème place.
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Crédit : REUTERS
L'Abbé Pierre, 16 fois en tête des personnalités préférées des Français (entre 1989 et 2003).
Début 2004, le prêtre fondateur du mouvement Emmaüs demande à être retiré du palmarès du JDD, soucieux de laisser la place aux plus jeunes.
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Crédit : DR
Jacques Cousteau, premier leader du classement du JDD.
Avec 20 "titres" de personnalité préférée des Français (entre 1988 et 1996), le Commandant Cousteau détient le recours du classement du JDD.
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Crédit : REUTERS
Zinedine Zidane, troisième star favorite des Français (Juillet 2008)
Dix ans après sa victoire en Coupe du Monde de Foot, Zizou est toujours en très bonne place dans le coeur des Français.
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Dany Boon, seconde personnalité préférée des Français (Juillet 2008)
L'humoriste Dany Boon, dont le film "Bienvenue chez les Chtis" a connu un énorme succès, entre pour la première fois dans le classement du JDD, et accède directement à la deuxième place.
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Crédit : REUTERS
Yannick Noah, chouchou n°1 des Français (Juillet 2008)
Le chanteur et ex-tennisman Yannick Noah trône pour la quatrième fois sur la plus haute marche des personnalités préférées des Français.
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Comme si de rien n'était, le dernier album de la première dame de France, nous fait le coup du soufflé qui retombe à peine sorti du four. Après s'être hissé à la première place des ventes d'albums le temps d'une semaine, l'opus de la chanteuse rétrograde déjà en seconde position derrière Coldplay, qui domine les classements mondiaux depuis de nombreuses semaines.
L'opus de la chanteuse, pour sa deuxième semaine complète d'exploitation, a vu ses ventes baisser de 27%, ne s'écoulant qu'à 13 354 unités, contre 18 248 la semaine précédente. Carla devance toutefois Laurent Voulzy, Francis Cabrel et Christophe Maé, trois valeurs sûres de la scène hexagonale. Notons que les albums de Laurent Voulzy et Francis Cabrel sont en vente depuis plusieurs semaines ; quant à celui de Christophe Maé, il est sorti depuis 1 an. Il n'empêche, si son succès artistique accuse le coup, le succès médiatique de Carla reste intact, et parions que cette nouvelle battra un record de commentaires !
Depuis son mariage avec Nicolas Sarkozy, l’ex-mannequin-chanteuse intéresse vivement les médias étrangers et notamment les États-Unis.
La preuve en
images :
Carla Bruni-Sarkozy, en pleine promotion pour son
dernier opus "Comme
si de rien n’était" est à la une du
prestigieux magazine américain
"Carla Bruni : The new Jackie O ?" C’est la question que se pose le magazine Vanity Fair (Jackie Onassis Kennedy, évidemment !) Juste en dessous de cette interrogation, ils osent écrire : "Liberté ! Egalité ! Nudité !" La "nudité" fait naturellement référence aux diverses photographies de nu qu’elle a réalisées et notamment à la récente mise aux enchères chez Christie’s d’une photographie d’un nu réalisé en noir et blanc par Michel Comte.
Au début de sa relation avec le président, Carla Bruni-Sarkozy raconte ainsi une anecdote au sujet des photographies qu’elle avait effectuées en tant que mannequin : elles les aurait réunies en prévenant Nicolas Sarkozy que ces clichés allaient très probablement ressortir dans la presse ! Mais le président lui aurait rétorqué avec humour : « Oh, j’aime bien celle-ci ! Je peux en avoir un double ? »
Photographiée par Annie Leibovitz en couverture du magazine, Carla Bruni-Sarkozy pose dans les salons de l’Elysée, sur les toits de ce dernier en robe de soirée rouge et avec le président.
Au cours de cette interview, la 1ère dame française s’affirme en tant que femme moderne : "J’aurais tendance à m’imaginer davantage en Jackie Kennedy qu’en par exemple Yvonne de Gaulle, qui ressemble beaucoup plus à la femme française classique derrière son époux".
L’épouse de Nicolas Sarkozy n’en revient toujours pas de son nouveau statut : "C’est incroyable. J’étais Italienne. Comment puis-je être la première Dame de France ?".
Au sujet de ses relations passées, elle évoque : "Ce n’est pas que j’ai eu beaucoup d’amants, c’est que je ne les ai jamais cachés".
Une femme sincère donc, une ambassadrice de premier choix pour la France ?
Crédits Photos :

C’est la fin d’un long conflit juridico-politico-financier qui a vu s’affronter Bernard Tapie face au Crédit lyonnais. La fin d’un feuilleton à rebondissements qui, si on devait l’inventer, ressemblerait à une fiction d’été sur TF1 que l’on regarde en mal de plage. À la différence majeure que le contribuable met la main au porte-monnaie. 285 millions, pour être exact. Le pourvoi en cassation du ministère de l’Économie à l’encontre de l’indemnisation record envers l’ex-politicien ne devrait pas finalement avoir lieu. C’est la décision qui devrait selon toutes probabilité ressortir d’une réunion de l’Établissement public de financement et de restructuration (EPFR) et du Consortium de réalisation (CDR), organisme public chargé de gérer le passif du Crédit lyonnais, sous tutelle du ministère de l’Économie. La CDR devra donc payer la coquette somme à Bernard Tapie.
Petit résumé des faits. Le 7 juillet dernier un tribunal arbitral a condamné le CDR à verser 285 millions aux liquidateurs judiciaires du groupe Tapie : 240 millions au titre du manque à gagner et 45 millions au titre de préjudice moral. Le Crédit lyonnais est coupable d’avoir commis de lourdes fautes vis-à-vis de son client, Bernard Tapie au moment de la vente d’Adidas, propriété du groupe Tapie. La banque n’a pas tenu compte du mandat de son client en cherchant à négocier la vente, non pas à 2,085 milliards de francs, mais à 4,4 milliards de francs. Elle s’était aussi lancée dans une campagne très médiatisée de dénigrement du couple Tapie. Mais dénigrement ou pas, manque à gagner ou pas, l’affaire financière ne deviendrait-elle pas une affaire politique ? On peut se le demander au regard du montant exceptionnel accordé à Bernard Tapie à l’issue d’un arbitrage opaque décidé par les hautes instances de l’État. Et la décision de Bernard Tapie, alors au PRG, de soutenir le candidat Sarkozy en 2007, de prendre un sens nouveau. Le sens des affaires ? Non, le sens de l’appât du gain.
Mathilde Hamet – L’humanité
Une "liste noire" des naturistes irrespectueux
Des naturistes du Cap d'Agde dans l'Hérault se précipitent dans la mer, le 31 décembre 2007, pour le traditionnel bain de Saint-Sylvestre, malgré la température de l'eau, qui ne dépassait pas les neuf degrés. © Christophe Simon / AFP
"Respect de
l'éthique naturiste", "pratique obligatoire de la nudité",
règles d'hygiène ou paiement des nuitées dans les bons délais... Les naturistes
n'ont qu'à bien se tenir. Au centre héliomarin René-Oltra, installé au bord de
la Méditerranée dans la station balnéaire du Cap d'Agde, les vacanciers
irrespectueux seront désormais fichés sur une liste noire en cas de manquement
au règlement. En effet, la Commission nationale de l'informatique et des
libertés (Cnil) a autorisé le 12 juin dernier le centre naturiste "à
mettre en oeuvre un fichier clients comportant une liste d'exclusion des
naturistes ne respectant pas les dispositions du règlement intérieur de
l'établissement", conformément à ce que permet la loi.
Plusieurs "motifs" jugés "objectifs" peuvent justifier
l'inscription de clients sur cette liste d'exclusion. Parmi ces derniers
figurent notamment les cas d'impayés, de manquement aux règles d'hygiène, de
troubles de la tranquillité, mais aussi le non-respect de "l'éthique
naturiste" alors que le règlement ordonne la stricte application de la
nudité "lorsque le temps le permet". Si la tenue d'Adam est exigée,
Alex Türk, président de la Cnil, contacté par lepoint.fr, prévient : "Avec
la moindre référence à la vie sexuelle, à l'état de santé ou aux croyances
religieuses des personnes concernées, on tomberait dans l'illégalité
totale." D'autre part, les motifs d'inscription dans ce fichier doivent
figurer sur une "liste fermée" et sans commentaire.
Plainte d'un particulier
Outre le caractère "objectif" des critères, d'autres conditions ont
été posées par la
Cnil. L'existence du document doit être portée à la
connaissance des clients du centre via des panonceaux, sur les prospectus, sur
le site Internet, mais aussi sur le règlement intérieur. Autre règle à suivre
pour constituer une telle liste : les personnes sont inscrites "pour une
durée maximale de trois ans", sauf dans le cas d'un impayé où
l'inscription cesse jusqu'à la régularisation du paiement. "Si ces règles
ne sont pas respectées comme il le faut, rien ne nous empêche de refaire un
contrôle dans les semaines ou les mois qui viennent", explique le
président de la Cnil au point.fr.
Ce fichier existait bien avant d'être autorisé par la Cnil, autorité
indépendante chargée de veiller au respect de la loi informatique et libertés
de 1978 relative à la protection des données personnelles, qui est aussi dotée
d'un pouvoir de sanction. C'est la plainte déposée à la Cnil par un particulier
qui a permis de lever le voile. L'individu s'était vu refuser l'accès au centre
héliomarin à cause de son inscription sur une liste d'exclusion.
"Nous avons alors envoyé une équipe de contrôleurs sur place. Elle est
entrée dans le système informatique du centre et a confirmé l'existence d'une
telle liste noire", rapporte Alex Türk. Or, la loi de 2004 prévoit qu'une
liste noire peut être mise en place à condition d'avoir obtenu une autorisation.
La Cnil a ainsi "mis en demeure le centre héliomarin pour qu'il prenne des
mesures immédiates afin d'entamer la procédure de demande d'autorisation",
poursuit ce dernier. Et le centre René-Oltra a aussitôt régularisé sa
situation. La chasse aux listes noires sauvages est une préoccupation majeure
de la Cnil. En
effet, "la constitution de listes d'exclusion dans les hôtels, les centres
de vacances ou les campings est une pratique courante puisque ce sont des
instances qui consistent à héberger des personnes et à organiser une vie en
collectivité", regrette Alex Türk.
Un préfet succède à Emmanuelle Mignon
Le préfet Christian Frémont remplace à l'Élysée la directrice de cabinet contestée de Nicolas Sarkozy .
L'Élysée a annoncé, hier, à la fin de l'après-midi, le remplacement d'Emmanuelle Mignon, directrice de cabinet du président de la République, par Christian Frémont, un préfet, entré récemment à l'Élysée. Emmanuelle Mignon ne quitte pas pour autant l'Élysée. Elle y est nommée à un poste de conseiller du Président, chargée d'organiser les états généraux de la presse.
Christian Frémont, 66 ans, fait partie des préfets très expérimentés. Il est passé du Finistère au Pas-de-Calais, puis de l'Aquitaine à Provence-Alpes-Côte d'Azur, après avoir été directeur adjoint du cabinet de deux ministres socialistes de l'Intérieur, Philippe Marchand et Paul Quilès. Il a, plus récemment, dirigé le cabinet d'Alain Juppé, puis celui de Jean-Louis Borloo, au ministère de l'Écologie, avant d'être nommé récemment conseiller du chef de l'État chargé de la révision des politiques générales de l'État.
Ce changement ponctue un épisode polémique : les déclarations d'Emmanuelle Mignon, en février dernier, affirmant que les sectes, en France, étaient « un non-problème ». Elle les avait ensuite nuancées. Il n'en avait pas fallu plus pour que certains voient en elle l'inspiratrice des positions de Nicolas Sarkozy sur la laïcité et les rapports avec la religion. Plusieurs discours, à commencer par celui du chef de l'État, tenu à Saint-Jean-de-Latran, à Rome, avaient été critiqués au nom de la laïcité de l'État.
Âgée de 40 ans, Emmanuelle Mignon a été directrice des études de l'UMP et conseillère de Nicolas Sarkozy à l'Intérieur et à Bercy. Elle a fortement contribué à préparer les thèmes de campagne du candidat, à partir des études d'opinion et des orientations propres au candidat. Donnée partante depuis plusieurs mois, elle reste finalement à l'Élysée, chargée d'un dossier jugé prioritaire par Nicolas Sarkozy. Elle reste proche de lui, mais n'aura plus de fonction exécutive au sein du cabinet.
